C’était le nom du café que tenait mon arrière-grand-mère, Julienne.
Vous, vous souvenez, ma petite chaise en vient. (Voir l’article de Janvier 2019). Elle y côtoyait, parait-il un billard russe !
C’était alors le lieu de Succieu où l’on pouvait s’amuser : jouer au billard, participer à des concours de belote, faire une partie de boule sous les tilleuls et même danser ! Le frère de ma grand-mère, Hubert, jouait de l’accordéon et de l’harmonica. Mais c’était aussi un endroit où l’on pouvait boire un petit coup. On pouvait y rencontrer cet ancien herboriste de Paris, qui avait vendu sa maison en viager à mon arrière-grand-père. Quand il mourut, c’est ma grand-mère et mon arrière-grand-père qui allèrent la débarrasser. Ils n’y découvrirent pas avec un trésor mais revinrent couverts de puces !
Connaissez-vous ce duo de comiques ? Un gros et un petit, comme disait leur chanson.
C’était le surnom qu’utilisait ma mère pour nommer deux de ses grands-tantes : La tante Marie et la tante Léonie.
A l’époque, l’une était bien portante (comme sa maman) et ne quittait guère son fauteuil. L’autre était si fluette, qu’un coup de vent l’aurait emporté.
Elles auraient pu demander conseil à la mère de leur belle sœur. Celle-ci disposait de deux cartes postales bien appropriées
Mais, trêve de plaisanterie, Marie et Léonie avaient toutes les deux la passion du tricot et réalisaient de vraies merveilles. Bravo à elles !
Mes arrières grands-parents étaient les premiers du village et les seuls du quartier à disposer de ce luxueux équipement. Le 8 à St Victor ! Cela leur valait l’intérêt de tout le voisinage.
Une sorte de molette barrait le cadran dépourvu de chiffres. Il fallait l’actionner trois à quatre fois puis attendre. Plus tard, une sonnerie retentissante emplissait le couloir. On décrochait pour entendre, à l’autre bout du fil, une opératrice noter le numéro demandé, estimer le temps d’attente, enregistrer notre confirmation, puis réclamer notre patience avant de « mettre en relation » selon l’expression alors usitée.
Cette vieille horloge nous fait remonter le temps pour découvrir la tante Léonie. Léonie, c’était la sœur cadette de mon arrière-grand-père, la tante préférée de ma grand-mère.
Elle habitait Saint Hilaire de Brens, dans une petite maison, une maison faite à sa taille, étant elle-aussi assez petite. Lorsque maman était enfant, ses parents allaient souvent la visiter le dimanche après-midi. Mais elle était « en champs les chèvres »; il fallait ainsi parcourir la campagne pour la retrouver avec son troupeau de chèvres. C’était une chevrière avertie, qui faisait d’excellentes tommes, qu’elle séchait bien précieusement dans une « panière » puis dans des pots.
Elle détenait l’horloge comtoise familiale, toute poussiéreuse, dans son grenier. Un beau dimanche, elle la donna à ma grand-mère et mon grand-père, qui l’emmenèrent pour décorer l’entrée de leur récente maison de Cessieu. Bien briquée, elle avait fière allure. Et quand les autres tantes de ma grand-mère la virent par hasard, elles furent bien étonnées. « Oh l’horloge de la Grand-Mère ! » s’exclamèrent-elles.
Bref, cela faillit faire polémique …
Mais revenons à cette belle horloge. Elle a cédé son gros ventre pour une caisse plus moderne, réalisée par un ébéniste de Mens (le grand oncle du mari de la sœur de mon grand-père, si vous arrivez à suivre …). Remontée un fois par semaine, elle sonne toujours pour marquer le temps qui passe chez ma grand-mère. (Il faut de temps à autre changer les cordes des poids, mais là, c’est mon papa bricoleur, qui s’en charge !)
Un bel objet qui a ponctué une grande partie de l’histoire familiale !