20. Avent 2025 : Beau comme un camion

Mon arrière-grand-père était laitier. Le véhicule familial était donc son camion.

Pour caser la petite famille sur la banquette avant, c’était tout un protocole. Son épouse montait à droite, les deux ainés entre père et mère, et la cadette d’alors sur la gauche de son père.

Pendant la seconde guerre mondiale, le moteur est transformé en Gazo pour faire face à la pénurie de carburant. Mais contrairement aux argumentaires optimistes des publicités de l’époque, les opérations de démarrage étaient longues et délicates. Une fois le démarrage effectué, le chauffeur devait surveiller constamment son gazogène et l’alimenter en combustible, sous peine de recommencer l’opération de mise en route.

Pour la cadette, c’était donc un vrai défi. Il fallait qu’elle descende illico presto quand celui-ci devait régler d’urgence un problème. Sans quoi, c’était la réprimande assurée. Ah, pas toujours simple d’être la dernière arrivée !

Mais à quoi ressemblait son dernier camion ? C’était un Citroën U23 de 1956, l’un des véhicules les plus longtemps produits par la marque, de 1935 à 1969.

N’est-il pas beau ce camion ?

19. Avent 2025 : En voiture Simone

En voiture Simone

C’est seulement à partir de mes arrière-grands-parents, que la famille connut la voiture. Elles étaient alors avant tout utilitaires,

mais aussi publicitaires,

grande époque de l’or noire.

Mais la mieux customisée d’entre elles reste la toute première de mon grand-père.

« Ne riez pas Madame, votre fille est à l’intérieur »

18. Avent 2025 : Le blanc

Le compte est bon

Pour préparer ces devis, faire ses factures, mon grand-père, et sans doute mon arrière-grand-père, utilisaient une drôle de machine : une machine d’Odhner.

Grâce à elle, vous réussissiez à faire, sans erreur, une opération complexe (multiplication/division) en quelques tours de manivelles. Il fallait seulement veiller à tourner dans le bon sens .

Alors prêt à résoudre le petit problème suivant ?

Ni besoin de piles, ni besoin d’électricité, juste un peu d’huile de coude pour mouvoir la manivelle. Mais elle a tant tourné, que l’axe s’est voilé et elle a dû être rebutée. Quel dommage !

Il fallait aussi s’occuper des comptes.

Là, c’était plutôt le secteur de ma grand-mère. Tout était soigneusement consigné dans de grands livres, grâce à la plume de son élégant stylo encre Pélikan auquel il était formellement interdit de toucher!

Si par hasard, elle faisait une erreur, alors là, intervenait la magie du Corector. Il se présentait sous la forme de trois petits flacons remplis d’un liquide de couleurs différentes se distinguant par également par leurs bouchons bleus, blancs et rouges.

Avec une sorte de compte-gouttes, il fallait d’abord appliquer délicatement sans trop le faire couler, le liquide bleu, puis le rouge. Puis patienter quelques secondes pour que le mot ou la lettre à modifier devienne marron. Ensuite, il fallait appliquer délicatement le produit blanc qui faisait disparaître le mot. Là encore, interdiction totale aux enfants d’y toucher !

17. Avent 2025 : La vie de château

La vie de châteaux, enfin pas tout à fait celle à laquelle vous pensez spontanément.

Les parents de mon arrière-grand-père étant fermiers, ils ont habités les dépendances de certains d’entre eux.

Il y eut d’abord le château de Brangues, plus connu sous le nom de château de Paul Claudel.

Il parait d’ailleurs que mon arrière-grand-père allait laver la voiture de celui-ci pour se faire un peu d’argent.

Puis celui de Milliassière, à Succieu.

C’est dans ce village que mon arrière-grand-père a connu mon arrière-grand-mère.

Et c’est dans le parc de ce château que mon grand-père et ma grand-mère ont fait leurs photos de mariage !

Et enfin celui du Plaisant, à Saint-Hilaire de Brens.

C’est ainsi qu’aux grès de ces mouvements, les sœurs de mon arrière-grand-père se sont trouvées époux : Du château de Brangues, la première s’est installée à Lyon ; la seconde, du château de Milliassière, à Mozat et la dernière, du Plaisant, est restée à Saint Hilaire de Brens. Quant à Léonie, jamais mariée, elle a d’abord été « placée » puis est revenue à Saint Hilaire de Brens, soignée sa maman, dont la plaie de l’appendicite ne s’est jamais refermée.

Finalement, pas si cool que cela, la vie de château !

16. Avent 2025 : Les souliers

« Quand j’étais chez mon père, je marchais en sabots
Maintenant que je suis dame, je roule en quatre chevaux

Et pourtant, je regrette tant, je regrette en secret
La petite maisonnette que mon père habitait »

Ma grand-mère chantait cela à ma mère, qui me l’a chanté à mon tour. Mais qui sait d’où elle la tenait ?

Toujours est-il que la rengaine illustre bien l’évolution de nos modes de vie.

Car, oui, mon grand-père parlait souvent des galoches qu’il portait enfant. Il en avait d’ailleurs récupéré une paire qu’il nous a offerte et qui trône tous les ans sous le sapin.

Et oui, mon grand-père avait aussi une quatre-chevaux (ou peut-être 5 CV)

Sa première voiture, une belle Rosengart relookée, en co-achat avec ses copains ! Bref, des concepts super actuels.

Et pour revenir à la chanson, je vous propose un nouveau couplet, adapté à l’air du temps.

« Quand j’étais chez mon père, j’étudiais à la CSI
Maintenant que je suis dame, I mainly use AI »

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